Portrait d’écrivain (Espaces et territoires autochtones) : Alexis Vollant
Par Marie-Anne Morin
J’ai appris ta langue il y a longtemps
la mienne s’est repliée
mon rire est différent[1]
On sent tes intentions et tes parfums
on sent que tu es un bon allié
mais le Nitassinann porte un masque
pour se protéger[2].
Musicien, compositeur et poète, Alexis Vollant se démarque dans le paysage littéraire de par sa posture audacieuse. Nipinapunan (2023), signifiant en innu-aimun l’endroit où l’on va passer l’été[3], est son premier recueil poétique où l’on découvre une signature formelle et esthétique très aboutie. Ce début littéraire de Vollant amène le lectorat dans une démarche poétique qui donne à entendre une multitude de voix, celle de sa poésie, de son héritage musical, celle d’un engagement social et de son amour d’un territoire, le Nitassinann. En effet, Alexis Vollant est d’origine innue, natif de Pessamit sur la Côte-Nord. Il étudie présentement le droit à l’Université Laval, études qu’il a entreprises à la suite de l’obtention d’un diplôme de premier cycle de l’Université de la Colombie-Britannique en musique volet interprétation (piano classique)[4]. Vollant ne se limite pas à un médium artistique, en effet, il affectionne le chant et déploie ses talents de baryton au sein de plusieurs chœurs (Chor Leoni, Vancouver Chamber Choir, etc.). Son expertise musicale comprend les pratiques d’arrangeur, de choriste et de pianiste.

Dans Nipinapunan, c’est en mettant en scène une voix féminine, celle d’une femme qui se rend en territoire après avoir accepté de faire découvrir celui-ci à son partenaire allochtone que Vollant réussit à allier critique sociale et lettre d’amour.
tu veux que je te montre
ce que je cache au fond de moi.[5]
Ce périple va déterrer un véritable chemin émotif pour ce je (cette femme) qui révèle autant des réminiscences, un héritage et des blessures coloniales dans une vérité moderne tout en soulignant les enjeux délicats des perspectives amoureuses « inter-coloniales et de l’intimité décoloniale[6] ».
Un désordre colonial
un remaniement territorial
sous les lignes de cartes et sous ta peau
je cherche mes racines qui devraient s’attacher
à mes pieds
et pénétrer les cloisons de cette terre[7]
Alexis Vollant a déjà reçu plusieurs distinctions artistiques soulignant majoritairement sa carrière musicale qu’il a débutée à l’âge de quatre ans. Sa sensibilité musicale se donne à lire dans ce premier recueil qui allie rythme, sensorialité, quotidienneté et musicalité. Cette musicalité se vit à même la composition formelle du recueil, les chapitres correspondant à temps musicaux (Allegramente, Entracte, Postlude). Il fut d’ailleurs, avec cet ouvrage, récipiendaire du Prix Voix autochtone 2024[8].
Son engagement ne se remarque pas uniquement par sa pratique littéraire, Vollant utilise aussi la musique pour aborder et offrir une voie possible aux résistances autochtones. Son Requiem de Guérison présenté en 2025 par l’Orchestre Symphonique de la Côte-Nord « rassemblait un chœur symphonique traitant de sujets tels que les pensionnats et la guérison collective[9]», faisant un écho direct avec des intentions déjà portées dans sa poésie.
s’il y avait une façon de chanter l’amour
j’en ferais un air d’opéra
cet opéra porterait ton nom
car il est doux
comme ma vie l’était dans tes bras[10]
Bibliographie
VOLLANT, Alexis, Nipinapunan: poésie, Wendake, Éditions Hannenorak, 2023, p.91.
« Biographie », dans Alexis VOLLANT, dir., Alexis Vollant consulté le 15 mai 2026, https://www.alexisvollant.com/biographie-about.
[1] Alexis, VOLLANT, Nipinapunan: poésie, Wendake, Éditions Hannenorak, 2023, p.10.
[2] Ibid., p.91.
[3] « Biographie », dans Alexis VOLLANT, dir., Alexis Vollant consulté le 15 mai 2026, https://www.alexisvollant.com/biographie-about.
[4] Idem.
[5] Ibid., p.14.
[6] « Biographie », dans Alexis VOLLANT, dir., Alexis Vollant consulté le 15 mai 2026, https://www.alexisvollant.com/biographie-about.
[7] Ibid., p.17.
[8] « Biographie », dans Alexis VOLLANT, dir., Alexis Vollant consulté le 15 mai 2026, https://www.alexisvollant.com/biographie-about.
[9] « Biographie », dans Alexis VOLLANT, dir., Alexis Vollant consulté le 15 mai 2026, https://www.alexisvollant.com/biographie-about.
Portrait d’écrivaine (Femmes et féminismes autochtones) : Virginia Pésémapéo Bordeleau
Par Marie-Anne Morin et Marie-Eve Bradette
« J’ai mené mille guerres
La plus féroce
Ton absence définitive
Je porte un toast
À ton amour déposé
Sur la plaine de mon ventre
Désertée[1] »
Voyant le jour en Jamésie (autrement appelé la Baie-James), Virginia Pesemapeo Bordeleau représente, dans le paysage artistique et littéraire, une créatrice plurielle et prolifique. En 1984, une exposition au centre d’exposition de Val-d’Or présente pour la première fois les œuvres de cette peintre autodidacte[2]. Après avoir complété un baccalauréat en arts plastiques à l’Université de l’Abitibi-Témiscamingue en 1988, ses œuvres picturales ont été exposées à l’étranger comme ici. Depuis maintenant plus de quarante ans, cette artiste eeyou et anishinaabe explore les médiums autant que les genres littéraires; elle est, entre autres, reconnue comme sculptrice, peintre, poétesse et romancière.
L’autrice se distingue par des propositions littéraires à la fois frontales et sensibles. Avec son roman, L’amant du lac, paru en 2013 aux éditions Mémoire d’encrier, cette parution lui vaut d’être reconnue comme étant la première femme autochtone à écrire un roman érotique en français[3], bien qu’elle préfère, le plus souvent, attribuer à ce texte le genre du roman « sensuel ». Cette œuvre phare du corpus littéraire autochtone au Québec ne se caractérise non pas simplement à travers un certain érotisme, mais bien comme « une réflexion critique au sujet de la réappropriation du corps et de la langue[4] »; le roman de Pesemapeo Bordeleau devient alors « un véritable acte esthétique, à la croisée du littéraire et du politique[5] ».

Elle s’engage, autant avec ses œuvres visuelles que ses écrits, dans un discours militant féministe et écologiste senti. Son recueil Poésie en marche pour Sindy (2018) ainsi que sa récente exposition Cibles/Targets (2024) sont des témoignages de son activisme. Ces deux œuvres abordent, notamment, la disparition de Sindy Ruperthouse en 2014, une femme originaire de la Première Nation Abitibiwinni de Pikogan, et la mort révoltante d’une mère et femme atikamekw, Joyce Echaquan, en 2020[6].

Or, cet engagement dans les discours féministes et la défense des femmes précède largement ses plus récentes publications et expositions. Dès les années 1980, avec son texte « Chiâlage de métisse » (1983), c’est à la figure de la mère qu’elle consacre son œuvre. Dans le même sillage, son premier recueil de poésie, De rouge et de blanc, paru en 2012 chez Mémoire d’encrier, inclut une « Déclaration de paix des femmes », un long poème co-écrit avec l’écrivaine québécoise Hélène Pedneault. Ce texte dénonce l’effacement des femmes des événements politiques autochtones importants et de l’écriture de l’histoire en plus de mettre en lumière le travail politique des femmes, celui qui se fait, depuis très longtemps, dans l’ombre :
Pendant que les hommes
signent des grandes paix
qui s’inscrivent en lettres d’or
dans l’histoire,
Les femmes signent
des milliers de petites paix
à chaque minute dans leur famille,
dans leur couple,
entre leurs enfants.
Des petites paix
qui s’inscrivent en lettres
de vent et d’eau dans l’esprit,
le territoire invisible des femmes.[7]
À travers de multiples interventions littéraires et artistiques, Virginia commémore des femmes autochtones, réelles ou fictives, afin d’honorer un vécu depuis l’intérieur, tout en décriant les injustices spécifiques auxquelles elles font encore face aujourd’hui.
Ses différentes pratiques artistiques s’inscrivent dans un continuum cohérent s’unissant autour de thèmes tels que le deuil, la mort, la sexualité, l’amour, la maternité ou bien encore la guerre. Poésie, correspondance, roman, conte jeunesse, livre d’art, les formes littéraires explorées par Virginia Pesemapeo Bordeleau n’ont presque aucune limite. Elle est une artiste éminemment célébrée par la critique, dès sa première parution poétique, De Rouge et le Blanc, qui lui vaut une mention spéciale au prix littéraire de l’Abitibi-Témiscamingue[8]. Depuis, elle cumule les reconnaissances, les prix et les distinctions, dont la Médaille de l’Assemblée nationale du Québec (2021), la nomination Chevalier de l’Ordre des Palmes académiques de la République française en 2023[9] et, plus récemment, la réception d’un Doctorat honoris causa de l’Université de Moncton – Campus d’Edmunston (2024).
BIBLIOGRAPHIE
BRADETTE, Marie-Ève, « Érotisation et décolonisation du corps et du langage dans le roman L’amant du lac de Virginia Pésémapéo Bordeleau », Les Cahiers du CIÉRA, no 20, p. 50-60, https://doi.org/10.7202/1092549ar.
HENZI, Sarah, « Bodies, Sovereignties, and Desire: Aboriginal Women’s Writing of Québec », Quebec Studies, vol. 59, p. 85‑106, https://doi.org/10.3828/qs.2015.7.
JE CHANGE LE MONDE, « Virginia Pésémapéo Bordeleau : une artiste diplômée de l’UQAT reconnue au Québec et à l’international », dans Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, dir., Des diplômés inspirants, 27 novembre 2014, https://www.uqat.ca/jechangelemonde/?lang=fr&menu=virginia_pesemapeo_bordeleau.
LÉVESQUE, François et Virginia PÉSÉMAPÉO BORDELEAU. La bienveillance des ours: correspondance, Rouyn-Noranda, , coll. « Forêts », Éditions du Quartz, 2020, 135 p.
PESEMAPEO BORDELEAU, Virginia, De rouge et de blanc, Montréal, Mémoire d’encrier, 2012 [réédition en 2017], 66 p.
PESEMAPEO BORDELEAU, Virginia, L’amant du lac, Montréal, Mémoire d’encrier, 2013, 141 p.
PESEMAPEO BORDELEAU, Virginia. Je te veux vivant, Rouyn-Noranda, coll. « Dans un écrin », Éditions du Quartz, 2016, 57 p.
PESEMAPEO BORDELEAU, Virginia, Poésie en marche pour Sindy, Rouyn-Noranda, Éditions du Quartz, 2024, 121 p.
« Virginia Pésémapéo Bordeleau », dans Louis-Karl PICARD-SIOUI, dir., Kwahiatonhk, consulté le 7 avril 2026, https://kwahiatonhk.com/auteurs/an-antane-kapesh/#1563896836177-79a2a0cf-a8f2.
« Virginia Pésémapéo-Bordeleau expose Cibles/Targets à l’Écart », dans Société RADIO‑CANADA, dir., Radio-Canada : Oh Dio, 29 août 2024, https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/des-matins-en-or/segments/rattrapage/1839458/viriginia-pesemapeo-bordeleau-expose-a-ecart.
[1] Virginia PESEMAPEO BORDELEAU, Je te veux vivant, Rouyn-Noranda, coll. « Dans un écrin », Éditions du Quartz, 2016, p. 18.
[2] « Virginia PESEMAPEO Bordeleau : une artiste diplômée de l’UQAT reconnue au Québec et à l’international », dans Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, dir., Des diplômés inspirants, 27 novembre 2014, https://www.uqat.ca/jechangelemonde/?lang=fr&menu=virginia_pesemapeo_bordeleau.
[3] Sarah, HENZI, « Bodies, Sovereignties, and Desire: Aboriginal Women’s Writing of Québec », Quebec Studies, vol. 59, juin 2015, p. 89, https://doi.org/10.3828/qs.2015.7.
[4] Marie-Eve, BRADETTE, « Érotisation et décolonisation du corps et du langage dans le roman L’amant du lac de Virginia Pésémapéo Bordeleau », Les Cahiers du CIÉRA, no 20, 2022, p. 52, https://doi.org/10.7202/1092549ar.
[5] Ibid., p. 58.
[6] « Virginia Pésémapéo-Bordeleau expose Cibles/Targets à l’Écart », dans Société RADIO‑CANADA, dir., Radio-Canada : Oh Dio, 29 août 2024, https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/des-matins-en-or/segments/rattrapage/1839458/viriginia-pesemapeo-bordeleau-expose-a-ecart.
[7] Virginia PESEMAPEO BORDELEAU, De rouge et de blanc, Mémoire d’encrier, 2012, p. 38.
[8] « Virginia Pésémapéo Bordeleau », dans Louis-Karl PICARD-SIOUI, dir., Kwahiatonhk, consulté le 7 avril 2026, https://kwahiatonhk.com/auteurs/an-antane-kapesh/#1563896836177-79a2a0cf-a8f2.
Portrait d’écrivaine (Littératures autochtones au Québec) : An Antane Kapesh (1926-2004)
par Marie-Anne Morin et Marie-Eve Bradette
"Le Blanc dit vrai quand il dit : « L’Indien n’a pas de livres. » C’est vrai, l’Indien n’a pas de livres mais voici ce que je pense : chaque Indien possède des histoires dans sa tête, chaque Indien pourrait raconter la vie que nous vivions dans le passé et la vie des Blancs que nous vivons à présent."[1]
L’année 2026 marque le 50e anniversaire de la parution du premier livre de l’écrivaine innue An Antane Kapesh, Je suis une maudite Sauvagesse/Eukuan nin matshi-manitu innushkueu. Lors de sa publication en 1976, l’essai émerge symboliquement dans un paysage littéraire, celui du Québec, au sein duquel les voix autochtones demeurent largement marginales.

Considérée comme la première femme innue a publié un rédigé entièrement en innu-aimun et accompagné de sa traduction vers le français, son texte s’inscrit désormais comme un repère historique important pour les littératures autochtones, au Québec et devient, en quelque sorte, une pierre angulaire du bouillonnement littéraire actuel auquel les auteur·rices autochtones prendront part, et parmi lesquel·les on retrouve plusieurs membres de la nation innue[2]. La voix littéraire de Kapesh rejoint ainsi, dans le contexte singulier des années 1970[3], celle de l’autobiographe eeyou Jane Willis (Geniesh : An Indian Girlhood, 1973)[4], de l’essayiste wendat Max Gros-Louis (Le “Premier” des Hurons, 1971) ou encore de celle de l’intellectuelle et militante wendat Éléonore Sioui qui publie alors plusieurs textes dans la revue Kanatha, revue qu’elle dirige également[5].
Les écrits autochtones des années 1970 sont, par ailleurs, travaillés par le contexte politique de l’époque et ouvrent des espaces de dénonciation et de revendication urgents. Il suffit de lire les premières pages de Eukuan nin matshimanitu innushkueu/Je suis une maudite sauvagesse pour entendre le criant souffle d’une sagesse revendicatrice. Lorsqu’elle écrit « dans mon livre, il n’y a pas de parole de Blancs. Quand j’ai songé à écrire pour défendre la culture de mes enfants, j’ai d’abord bien réfléchi, car je savais qu’il ne fait pas partie de ma culture d’écrire[6] », « cette militante innue » comme la nomme si franchement l’autrice innue Naomi Fontaine, nous invite à saisir, sans délai, les dynamiques coloniales, les blessures traumatiques des nations autochtones face aux dépossessions territoriales, langagières, physiques et culturelles, et ce, à travers une voix qui provient de l’intérieur. Dans le refus de la parole des « Blancs », on peut sentir le ras-le-bol de l’« impérialisme cognitif[7] », pour reprendre les termes de l’écrivaine nishnaabe Leanne Betasamosake Simpson.

Kapesh va poursuivre son projet de revendication par le biais de l’écriture littéraire avec un deuxième livre, un conte philosophique paru en 1979 aux Éditions Impossibles, puis, comme son premier livre, réédité chez Mémoire d’encrier au tournant des années 2020. Le texte sera adapté à la scène et présenté à la Salle Fred-Barry du théâtre Denise-Pelletier en 1981. Dans une mise en scène de Jean-Luc Bastien, le texte a été adapté pour la scène par An Antane Kapesh elle-même avec le soutien éditorial et le travail de traduction vers le français de José Mailhot[8].
La réception de Kapesh chez les autrices innues actuelles
Si les productions littéraires et théâtrales ont offert une certaine visibilité aux revendications politiques innues mises de l’avant par Kapesh dans les années 1970 et 1980, il faudra attendre les années 2020 avant que les écrits de l’autrice ne s’installent de manière plus pérenne dans le paysage littéraire au Québec. Malgré une réédition en 2015 par les Éditions du CAAS, c’est en effet la réédition de Eukuan nin matshi manitu innushkueu par Mémoire d’encrier en 2019 qui fera connaître l’autrice, et ce, notamment auprès des autrices innues actuelles.
Dans la préface de la réédition du livre chez Mémoire d’encrier (2019), l’écrivaine innue Naomi Fontaine, qui a d’ailleurs agi comme éditrice de cette nouvelle version du livre, exprime un rapport à la fois intime et collectif de sa lecture de Kapesh :
"Elle me racontait l’Histoire, celle que je n’avais jamais entendue. La mienne […]elle m’a appris que j’avais un passé auquel rattacher la flamme qui me consumait. Ce désir de me tenir droite, loin des préjugés, loin des mensonges, loin, très loin de la haine de soi. J’ai cru chacune de ses paroles. La première écrivaine de ma nation n’est pas une conteuse, comme on pourrait s’y attendre. Elle est une essayiste."[9]
Il est assez clair, à la lecture de la préface de Naomi Fontaine, que le texte de Kapesh a eu un impact majeur sur la génération actuelle des auteur·rices innu·es. L’aînée littéraire avait d’ailleurs exprimé clairement, à même la dédicace de son livre, le vif désir de voir, à sa suite, d’autres Innu·es adoptés l’écriture comme outil de revendication et moyen d’expression artistique : « Je remercie chacun de ceux qui m’ont aidée à faire ce livre que j’ai fait. Et je serai heureuse de voir d’autres Indiens écrire, en langue indienne.[10] »
Je suis une maudite Sauvagesse/Eukuan nin matshi-manitu innushkueu est un livre éclatant et actuel et sans fioriture qui nous invite à remettre à question nos aprioris, à ouvrir notre conception des réalités passées et présentes des nations autochtones qui affectent encore nos relations, malheureusement, trop souvent encore, inégales. La lecture est un pas vers une vérité plus nuancé des histoires qui habitent ce territoire que l’on nomme désormais le Québec et le point de départ, nous l’espérons, d’une certaine réparation.
Pour clore avec les mots de l’autrice elle-même, nous vous offrons l’occasion de saisir cet appel à la résistance et à la détermination, qui fait d’An Antane Kapesh l’une des voix les plus ardentes et sages de nos littératures (Innue, autochtones, au Québec) :
Après avoir bien réfléchi et après avoir une fois pour toutes pris, moi une Indienne, la décision d’écrire, voici ce que j’ai compris : toute personne qui songe à accomplir quelque chose rencontrera des difficultés mais en dépit de cela, elle ne devra jamais se décourager. Elle devra malgré tout constamment poursuivre son idée.[11]
BIBLIOGRAPHIE
« An Antane Kapesh », dans Louis-Karl PICARD-SIOUI, dir., Kwahiatonhk, consulté le 23 mars 2026, https://kwahiatonhk.com/auteurs/an-antane-kapesh/#1563896836177-79a2a0cf-a8f2.
BRADETTE, Marie-Eve. « I was the low girl on the totem pole »: Restituer Geniesh : An Indian Girlhood de Jane (Willis) Pachano à l’histoire des littératures autochtones au Québec », Voix Plurielles, vol. 18, no 2, p. 69‑90, https://doi.org/10.26522/vp.v18i2.3523.
BRADETTE, Marie-Eve., « L’affirmation des littératures autochtones au Québec (1973-1993) : Des histoires plurielles et plurilingues », Voix et Images, vol. 49‑50, no 3‑1, 26 septembre 2025, p. 61‑75, https://doi.org/10.7202/1120500ar.
COUTURE‑GRONDIN, Élise, et Marie‑Hélène JEANNOTTE. « « Désormais, nous parlons et nous écrivons pour nous‑mêmes »: La prise de parole autochtone dans Kanatha (1974‑1977) », Mémoires du livre, vol. 12, no 2, p. 1-34., https://doi.org/10.7202/1089041ar.
KAPESH, An Antane et Naomi FONTAINE, Eukuan nin matshi-manitu innushkueu/Je suis une maudite sauvagesse, trad. de l’innu-aimun (Canada) par José Mailhot, Montréal (Québec), Mémoire D’Encrier, 2020, 212 p.
KAPESH, An Antane. Tanite nene etutamin nitassi? /Qu’as-tu fait de mon pays ?, trad. de l’innu-aimun (Canada) par José Mailhot, Montréal, Mémoire d’encrier, 2020, 90 p.
« Qu'as-tu fait de mon pays? »., Rappels : La mémoire du théâtre québécois, consulté le 30 mars 2026, https://rappels.ca/fr/quas-tu-fait-mon-pays.
[1] An Antane KAPESH et Naomi FONTAINE, Eukuan nin matshi-manitu innushkueu / Je suis une maudite sauvagesse, trad. de l’innu-aimun (Canada) par José Mailhot, Montréal (Québec), Mémoire D’Encrier, 2020, p.31.
[2]« An Antane Kapesh », dans Louis-Karl PICARD-SIOUI, dir., Kwahiatonhk, consulté le 23 mars 2026, https://kwahiatonhk.com/auteurs/an-antane-kapesh/#1563896836177-79a2a0cf-a8f2.
[3] Marie-Ève BRADETTE, « L’affirmation des littératures autochtones au Québec (1973-1993) : Des histoires plurielles et plurilingues », Voix et Images, vol. 49‑50, no 3‑1, 26 septembre 2025, p. 61‑75, https://doi.org/10.7202/1120500ar.
[4] Marie-Eve BRADETTE, « I was the low girl on the totem pole »: Restituer Geniesh : An Indian Girlhood de Jane (Willis) Pachano à l’histoire des littératures autochtones au Québec », Voix Plurielles, vol. 18, no 2, 4 décembre 2021, p. 69‑90, https://doi.org/10.26522/vp.v18i2.3523.
[5] Élise COUTURE‑GRONDIN et Marie‑Hélène JEANNOTTE, « « Désormais, nous parlons et nous écrivons pour nous‑mêmes »: La prise de parole autochtone dans Kanatha (1974‑1977) », Mémoires du livre, vol. 12, no 2, 2021, p. 1-34., https://doi.org/10.7202/1089041ar.
[6] A. KAPESH et N. FONTAINE, op. cit., p. 14.
[7] Leanne SIMPSON, Danser sur le dos de notre tortue, Québec, Varia, 2018, p. 16.
[8] « Qu'as-tu fait de mon pays? »., Rappels : La mémoire du théâtre québécois, consulté le 30 mars 2026, https://rappels.ca/fr/quas-tu-fait-mon-pays.
[9] A. KAPESH et N. FONTAINE, op. cit., p.7.
[10] Ibid., p.12.
[11] Ibid., p. 14.