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Lire, écrire, penser avec le cœur : l’amour à travers les littératures autochtones
APPEL À COMMUNICATIONS
Colloque organisé par la Chaire de leadership en enseignement sur les littératures autochtones au Québec - Maurice Lemire, dans le cadre de la 15e édition du Salon du livre des Premières Nations à la Maison de la littérature, Québec, 19 novembre 2026.
J’écris parce que j’ai aimé et été aimé. Je veux découvrir un nous dans lequel me glisser, un nous autour duquel me bâtir un toit, je veux tendre la main aux autres. Pour être moins seul.
(Belcourt,2025, 25)
Je sens dans tout mon corps
que mon ADN a aimé ces choses
bien longtemps avant moi
(Gill, 2026, 89)
Dans la citation de la poète innue Marie-Andrée Gill en exergue, l’amour se dessine comme un lien avec le monde, une connexion qui nous habite et qui, pourtant, nous précède. L’amour apparaît aussi, dans l’extrait de Chœur infime de Billy Ray Belcourt, comme le geste fondateur de l’écriture, une main tendue vers les autres qui tente la possibilité d’un « nous », d’une identité collective. Dans un contexte de violence coloniale, l’acte d’aimer et de faire place à des créations d’amour ou issues de l’amour peut également devenir un geste de résurgence créant des « îles d’amour décolonial » (Betasamosake Simpson, 2015) comme à la fois des refuges et des bastions de résistance. En même temps, ces créations invitent à une pratique amoureuse de la lecture et à une critique bienveillante, consciente et respectueuse de la relation qui se tisse au moment de lire et d’étudier ces manifestations littéraires. Ainsi, dans le cadre du colloque du Salon du Livre des Premières Nations, nous souhaitons nous interroger sur la place de l’amour dans les littératures autochtones, autant dans la représentation que dans les pratiques créatives, mais aussi sur les manières dont l’amour peut devenir un geste de lecture et d’étude de ces textes.
Se (sa)voir c’est s’aimer ou les représentations littéraires de l’amour
Plusieurs œuvres littéraires interrogent le cadre hétéronormatif imposé et renforcé par les discours coloniaux et occidentaux. La littérature indigiqueer remet en cause les connaissances, les identités et les comportements normatifs; elle peut être envisagée comme une action, une pratique décoloniale (Hunt et Holmes, 2015) qui s’oppose à la sédentarisation des sens et des identités (Poirier-Lemelin, 2025). Pensons, par exemple, au roman Jonny Appleseed (2019), à l’album jeunesse Phoenix Ani' Gichichi-i/ Phoenix Gets Greater (2023) ou encore au récit Un parcours bispirituel : récit d'une aînée ojibwé-crie lesbienne (2019). Nous pouvons penser aussi aux bandes dessinées et aux courts-métrages d’Obom, qui sont un autre exemple d’amour de l’image, de l’humour et de l’importance des représentativités amoureuses qui apparaissent hors du cadre hétéronormatif. Comment ces représentations queers de l’amour contestent les relations de pouvoir établies et renforcées par le colonialisme ?
La littérature peut agir comme un espace de réclamation de la souveraineté des langues et des corps autochtones. Les corps fragmentés, violés et altérés par le colonialisme sont réappropriés dans des œuvres comme L’amant du lac de Virginia Pesemapeo Bordeleau (2013), célébrant une sensualité complexe et le droit à la sexualité. Dans l’anthologie Without Reservation: Indigenous Erotica, Kateri Akiwenzie-Damm (2003) revendique l’expression de l’érotisme autochtone tout en affirmant sa puissance politique et affective. Une telle manifestation littéraire, affirme Akiwenzie-Damm, « parle de la nature curative de l’amour, de l’amour qui nous célèbre en tant que personnes entières, de l’amour qui est ouvertement sexuel, sensuel, émotionnel et spirituel. L’amour, et l’expression de celui-ci, est une médecine pour guérir la douleur de l’oppression, de la haine, du manque d’affect et de la colonisation » (2000, 103, notre traduction). Quelle est donc la place de l’érotisme dans les créations littéraires autochtones aujourd’hui? Puis, si l’on tient compte des affirmations de Tomson Highway (2008) par rapport au lien entre les langues autochtones et la sexualité, comment peut-on penser le rôle de la (des) langue(s) dans l’écriture érotique autochtone?
L’amour comme principe de création, de savoir et de résistance
En s’appuyant sur des récits fondateurs de la tradition nishnaabe, Leanne Betasamosake Simpson donne à lire l’amour comme origine du monde: « Avant l’idée du monde, avant le rêve, avant la fabrication, le savoir-faire, les créations intercommunales, il y avait du soin. Il y avait de l’amour » (2024, 26, notre traduction). Envisager l’amour comme principe de création nous amène à dépasser les conceptions individualistes ou romantiques afin de le comprendre comme lien collectif, « une force organisatrice, un mouvement et une éthique du soin » (Simpson, 2024, 27, notre traduction). L’amour en tant que fondement relationnel incarne ainsi des manières d’être au monde qui nous précèdent, comme l’exprimait le poème de Marie-Andrée Gill en exergue. À travers le littéraire se déploie alors cette force créatrice qui excède les limites conceptuelles de l’amour romantique, une force qui traverse le temps et l’espace, portant des savoirs relationnels spécifiques qui peuvent aider à contrecarrer les violences coloniales. Comment donc les littératures autochtones peuvent-elles nous apprendre des façons d’aimer ancrées dans des récits, des territoires et des visions du monde spécifiques qui participent à la (re)construction de nos relations au vivant et aux autres?
L’amour de la terre, de la famille et des communautés constitue la colonne vertébrale de la résurgence autochtone (Betasamosake Simpson, 2017, 18). Dans un contexte d’extractivisme et de violence, l’acte de se relever, de se rebeller et même de se mettre en colère sont issus d’une connexion amoureuse. Comme l’affirme Rachel Flowers (Leey’qsun), « c’est à cause du profond amour que nous avons les un·es pour les autres, et pour nos territoires, que nous sommes rempli·es de rage » (2015, 40, notre traduction). Dans l’essai d’An Antane Kapesh, par exemple, l’amour de la langue et la culture innue, mais aussi l’amour d’une mère pour ses enfants à qui l’on a arraché le droit à vivre pleinement ces aspects de leur identité, s’exprime par le biais d’une colère qui constitue un moyen de dénonciation et d’autoaffirmation (Bradette, 2024, 23). Chez Maya Cousineau Mollen, la poésie exprime une « colère émancipatrice » (Caravecchia, 2020, 60) qui permet de se réapproprier le corps féminin autochtone et son érotisme. Quelle est alors la relation entre amour et colère et comment s’exprime-t-elle au sein des récits autochtones?
L’amour comme relation de lecture
Dans sa Lettre d’amour au territoire, Joshua Whitehead entrevoit les histoires, même celles qui sont écrites, comme des oratoires –au sens de Maracle (2015)– qui « nécessitent des animations pour prendre vie » (2024, 79). À travers ce processus d’animation, les histoires deviennent des êtres aimés et animés, des « proches envers lesquels on est redevables » (Ibid.). Cette relation avec la création guide nécessairement les méthodes et les pratiques de l’artiste, qui « refuse de [s]e lier par le traumatisme aux histoires qu’il caresse comme des amants » (Ibid.), mais aussi celles du lectorat et de la critique. Comment construit-on des liens amoureux avec les récits et les textes dès qu’on les conçoit comme des proches ? Est-ce qu’une telle relation d’amour dans l’acte critique est suffisante ou bien court-elle le risque de reconduire les relations de pouvoir ?
Élise Couture-Grondin et Isabella Huberman (2024) interrogent la possibilité d’une critique littéraire bienveillante. En reprenant les travaux de Warren Cariou (Métis), elles pensent également la rencontre d’un texte comme celle d’un être vivant, ce qui implique d’envisager le travail critique comme une relation. Pour que cette relation soit bienveillante, elle doit se manifester comme « un souci de l’autre (avec qui nous entrons en relation), de la parole de l’autre (avec qui nous pensons) et comme une préoccupation concernant la violence envers la différence (qui affecte la qualité du monde dans lequel nous vivons) » (Couture-Grondin et Huberman, 2024, 90). Or, dans un contexte de colonialisme de peuplement, la « bienveillance du colon » doit être considérée avec suspicion. Le public (autant le lectorat que les institutions éditoriales ou universitaires) peut entretenir une relation univoque avec les littératures autochtones teintant ainsi leurs lectures ou leurs interprétations d’un certain « imaginaire colonial » et entrevoyant ces littératures « comme romantiques et idylliques » (Whitehead, 2024, 99). Que pouvons-nous entreprendre comme actions et pratiques à travers nos lectures afin de demeurer dans un rapport bienveillant et averti ?
Nous invitons donc des propositions de communications qui abordent, sans s’y limiter, les axes de réflexion suivants :
- la représentation de l’amour dans les littératures autochtones;
- l’amour au-delà des conceptions coloniales et hétéronormatives;
- le corps, la sensualité et l’érotisme en littératures autochtones;
- l’amour comme geste fondateur de l’écriture et de la création de manière générale;
- la lecture et la critique bienveillante en études littéraires autochtones;
- l’étude, la critique et la traduction comme des formes de relation avec les textes;
- les liens entre l’amour, la colère et la résistance au sein des littératures autochtones;
- le motif de l’amour comme émotion complexe et porteuse d’autres affectes au cœur des textes.
Ce colloque se veut une occasion de réunir autant des praticien·nes autochtones d’art narratif (littérature, théâtre, bande dessinée, etc.) que la communauté universitaire dont les intérêts de recherche sont tournés vers les sensibilités artistiques autochtones. Il s’agit d’une rencontre ouverte et empathique entre différents acteurs du milieu littéraire, de la recherche et aussi de leurs publics. C’est dans une perspective de vulgarisation des savoirs et des pratiques que nous vous invitons à soumettre une proposition de communication afin de nous réunir et partager notre amour des littératures autochtones.
Les personnes intéressées à soumettre une proposition de communication sont invitées à envoyer un résumé en français ou en anglais (300 mots) accompagné d’une notice biobibliographique (150 mots) au plus tard le 15 juillet 2026 à l’adresse courriel chairelitteraturesautochtones.lit@ulaval.ca.
Bibliographie
AKIWENZIE-DAMM, Kateri (dir.), Without Reservation: Indigenous Erotica, Cape Croker, Kegedonce Press, 2003, 213 p.
BELCOURT Billy-Ray, Chœur infime, trad. par Mishka Lavigne, Montréal, Triptyque, coll. « Queer »,2025, 187 p.
BRADETTE, Marie-Ève. Langue(s) en portage : résurgence littéraire et langagière dans les écritures autochtones féminines, Montréal, coll. « Expressions autochtones », Presses de l’Université de Montréal, 2024, 188 p.
CARAVECCHIA, Emilie Sarah, « Se redéfinir dans la langue colonisatrice : Nouvelles voix autochtones francophones: Chroniques de Kitchike de Picard-Sioui et Bréviaire du matricule 082 de Cousineau-Mollen », Canadian Literature, no 241, 2020, p. 59-74.
COUTURE-GRONDIN, Élise, et Isabella HUBERMAN. « Rapport bienveillant à la lecture et à l’autre dans La bienveillance des ours », Voix et Images, vol. 49, no 2, 2024, p. 75‑90.
FLOWERS, Rachel. « Refusal to Forgive: Indigenous Women’s Love and Rage ». Decolonization: Indigeneity, Education & Society, vol. 4, no 2, 2015, p. 32-49.
GILL, Marie-Andrée. Uashtenamuu: allumer quelque chose, Saguenay, Éditions de La Peuplade, 2025, 128 p.
HIGHWAY, Tomson, « Why Cree is the Sexiest of All Languages », dans Drew Hayden Taylor (dir.), Me Sexy: An Exploration of Native Sex and Sexuality, Vancouver, Douglas & McIntyre, 2008, p. 33-40.
HUBERMAN, Isabella, Histoires souveraines : poétiques du personnel dans les littératures autochtones au Québec,Montréal, coll. « Expressions autochtones », Presses de l’Université de Montréal, 2023, 280 p.
HUNT, Sarah, et Cindy HOLMES, « Everyday Decolonization: Living a Decolonizing Queer Politics », Journal of Lesbian Studies, vol. 19, nº 2, 2015, p. 154‑72.
POIRIER-LEMELIN, Maxime, « L’ambiguïté comme résistance indigiqueer à la sédentarisation du sens », Post-Scriptum, nº38, 2025. p. 1-13.
SIMPSON, Leanne Betasamosake, Theory of Water : Nishnaabe Maps to the Times Ahead, Toronto, Knopf Canada, 2025, 240 p.
SIMPSON, Leanne Betasamosake, Cartographie de l’amour décolonial, trad. par Natasha Kanapé Fontaine et Arianne Des Rochers, Montréal, Mémoire d’encrier, 2018, 152 p.
SIMPSON, Leanne Betasamosake, Islands of Decolonial Love. Stories & Songs, Winnipeg, ARP Books, 2015, 143 p.
WHITEHEAD, Joshua, Lettre d’amour au territoire, trad. par Arianne Des Rochers, Montréal, Mémoire d’encrier, 2024, 210 p.
Reading, Writing, Thinking with the Heart: Love Through Indigenous Literatures
CALL FOR PAPERS
Conference organized by Chaire de leadership en enseignement sur les littératures autochtones au Québec - Maurice Lemire, as part of the 15th edition of the First Nations Book Fair at the Maison de la littérature, Quebec City, November 19, 2026.
I write because I've loved and been loved. I want to find out what ‘we’ or ‘us’ I can walk into or build a roof over. To hold hands with others, really. To be less alone.
(Belcourt,2022, 15)
I feel in every fiber of my being
that my DNA loved these things
long before I did
(Gill, 2026, 89)
In the opening quote by Innu poet Marie-Andrée Gill, love emerges as a bond with the world, a connection that dwells within us and yet predates us. Love also appears, in the excerpt from A Minor Chorus by Billy Ray Belcourt, as the founding act of writing, a hand extended toward others that explores the possibility of a “we,” of a collective identity. In a context of colonial violence, the act of loving and making space for creations of love or born of love can also become a gesture of resurgence, creating “islands of decolonial love” (Betasamosake Simpson, 2015) that serve as both refuges and bastions of resistance. At the same time, these works encourage a loving approach to reading and a critical engagement that is mindful, conscious, and respectful of the relationship that forms as we read and study these literary expressions. Thus, as part of the First Nations Book Fair, we wish to explore the place of love in Indigenous literatures – both in representation and in creative practices – as well as the ways in which love can inform the act of reading and studying these texts.
Self-Knowledge Is Self-Love: Literary Representations of Love
Many literary works challenge the heteronormative framework imposed and reinforced by colonial and Western discourses. Indigiqueer literature challenges normative knowledge, identities, and behaviors; it can be viewed as an action, a decolonial practice (Hunt and Holmes, 2015) that opposes the settling of meanings and identities (Poirier-Lemelin, 2025). To illustrate this, we can consider the novel Jonny Appleseed (2019), the children’s book Phoenix Ani' Gichichi-i/ Phoenix Gets Greater (2023), or the memoir A Two-Spirit Journey: The Autobiography of a Lesbian Ojibwa-Cree Elder (2019). We can also consider the graphic novels and short films by Obom, which are another example of a love of imagery, humor, and the importance of romantic representations that emerge outside of the heteronormative framework. How do these queer representations of love challenge the power relations established and reinforced by colonialism?
Literature can also serve as a space for reclaiming the sovereignty of Indigenous languages and bodies. Bodies that have been fragmented, violated, and altered by colonialism are reclaimed in works such as Virginia Pesemapeo Bordeleau’s L’amant du lac (2013), thereby celebrating a complex sensuality and the right to sexuality. In the anthology Without Reservation: Indigenous Erotica, Kateri Akiwenzie-Damm (2003) advocates for the expression of Indigenous eroticism while affirming its political and emotional power. Such a literary expression “speaks about the healing nature of love, about love that celebrates us as whole people, about love that is openly sexual, sensual, emotional, and spiritual. Love, and the expression of it, is a medicine to heal the pain of oppression, hatred, lovelessness, and colonization” (Akiwenzie-Damm, 2000, 103). What is the place of eroticism in Indigenous literary works today? Furthermore, if we consider Tomson Highway’s (2008) statements regarding the link between Indigenous languages and sexuality, how might we conceptualize the role of languages in Indigenous erotic writing?
Love as a principle of creation, knowledge and resistance
Drawing on foundational narratives from the Nishnaabe tradition, Leanne Betasamosake Simpson presents love as the origin of the world: “Before the idea of the world, before the dreaming, before the making, before the inspiration, the know-how, the intercommunal creations, there was care. There was love” (2024, 26). Viewing love as a principle of creation leads us to move beyond individualistic or romantic conceptions to understand it as a collective bond, “an organizing force, a motion, and an ethic of caring” (Simpson, 2024, 27). Love as a relational foundation thus embodies ways of being in the world that precede us, as expressed in the opening poem by Marie-Andrée Gill. Through literature, this creative force unfolds, transcending the conceptual limits of romantic love, a force that traverses time and space, carrying specific relational knowledge that can help counteract colonial violence. How, then, can Indigenous literatures teach us ways of loving rooted in specific narratives, territories, and worldviews that contribute to the (re)construction of our relationships with the living world and with others?
Love for the land, family, and communities forms the backbone of the Indigenous resurgence (Betasamosake Simpson, 2017, 18). In a context of extractivism and violence, the act of rising, rebelling, and even getting angry stems from a loving connection. As Rachel Flowers (Leey’qsun) states, “it is because of our profound love for one another and our lands that we are full of rage” (2015, 40). In An Antane Kapesh’s narrative, for example, love for the Innu language and culture, as well as a mother’s love for her children, for whom the right to fully experience these aspects of their identity has been stripped awa«, is expressed through anger, which serves as a means of denunciation and self-affirmation (Bradette, 2024, 23). In Maya Cousineau Mollen’s work, poetry expresses an “emancipatory anger” (Caravecchia, 2020, 60) that allows for the reappropriation of the Indigenous female body and its eroticism. What is the relationship between love and anger, and how is it expressed within Indigenous narratives?
Love as a Reading Relationship
In Making Love with the Land (2022), Joshua Whitehead views stories, even written ones, as oratories, in the sense used by Maracle (2015), that “require animations in order to live” (2022, 83). Through this process of animation, stories become beloved and animated beings, “kin we are accountable to” (Ibid.). This relationship with creation necessarily guides the artist’s methods and practices, as he “refuse[s] to trauma-bond with stories [he] hold[s] like lovers” (Ibid.), but it also informs the relation between the readership and the text: how do we build loving bonds with narratives and texts once we conceive of them as loved ones? Is such a loving relationship in the act of criticism sufficient, or does it runs the risk of perpetuating power relations?
Élise Couture-Grondin and Isabella Huberman (2024) explore the possibility of a compassionate literary critique. Drawing on the work of Warren Cariou (Métis), they also view the encounter with a text as akin to an encounter with a living being, which implies conceiving of critical work as a relationship. For this relationship to be compassionate, it must manifests as “a concern for the other (with whom we enter into a relationship), for the other’s words (with whom we think), and as a concern regarding violence toward difference (which affects the quality of the world in which we live)” (Couture-Grondin and Huberman, 2024, 90). However, in a context of settler colonialism, the “settler’s compassion” must be viewed with suspicion. The public (including both readers and publishing or academic institutions) may maintain a one-sided relationship with Indigenous literatures, thereby coloring their readings or interpretations with a certain “colonial imagination” and viewing these literatures “as romantic and idyllic” (Whitehead, 2024, 99). What actions and practices can we undertake through our reading to maintain a caring and informed relationship?
We therefore invite proposals for papers that address, but are not limited to, the following areas of inquiry:
● the representation of love in Indigenous literatures;
● love beyond colonial and heteronormative conceptions;
● the body, sensuality, and eroticism in Indigenous literatures;
● love as a foundational act of writing and creation in general;
● compassionate reading and criticism in Indigenous literary studies;
- study, critical reading and translation as forms of relationships with the text;
● the relationship between love, anger, and resistance in Indigenous literature;
● the motif of love as a complex emotion that carries other affections at the heart of texts.
This conference aims to bring together both Indigenous practitioners of narrative arts (literature, theater, comics, etc.) and the academic community whose research interests focus on Indigenous artistic sensibilities. It is an open and empathetic gathering of various stakeholders from the literary and research communities, as well as their audiences. With a view to making knowledge and practices accessible to a wider audience, we invite you to submit a proposal for a presentation so that we may come together and share our love of Indigenous literature.
Those interested in submitting a proposal are invited to send an abstract in French or English (300 words) accompanied by a bio-bibliographical notice (150 words) no later than July 15, 2026, to the email address chairelitteraturesautochtones.lit@ulaval.ca.